L’église des Serpents, ou Yılanlı Kilise, illustre bien à quel point saint Georges était populaire en Cappadoce. Le serpent représente toujours le dragon que saint Georges – souvent accompagné de saint Théodore – terrasse, comme le montrent les fresques de l’église.
L’église des Serpents du musée en plein air de Göreme est une simple chapelle à voûte en berceau avec une abside et un autel à l’est. Comme les églises de saint Basile et de sainte Barbara, elle adopte un plan monastique en croix. L’entrée sur le mur nord, plus court, est latérale, et en face, sur le mur sud, un petit espace supplémentaire contient des tombes au sol.
Sur la voûte orientale, une seule fresque s’étend longitudinalement : au centre, saint Georges et saint Théodore à cheval se font face, terrassant ensemble un énorme dragon enroulé. C’est la plus ancienne représentation des deux en Cappadoce, datant du milieu du XIe siècle, environ un siècle après les premiers saints Georges dragons en Géorgie.
À gauche des cavaliers se tient un saint homme, identifié comme saint Onésime, un esclave fugitif converti au christianisme par saint Paul, comme on le sait d’après la lettre à Philémon. À droite, une scène fréquente dans l’iconographie orthodoxe : l’empereur Constantin et sa mère Hélène tenant la Sainte Croix qu’ils ont découverte à Jérusalem.
Sur la voûte occidentale, en face, un petit champ de fresques encadré de rouge montre trois saints hommes : saint Onuphre, ermite égyptien recouvert uniquement de cheveux jusqu’au sol, l’apôtre Thomas et saint Basile de Césarée, fondateur du monachisme oriental. La présence du premier et du troisième saint est évidente dans une église monastique cappadocienne, tandis que Thomas nécessite une explication.
La lunette au-dessus de l’entrée est décorée de motifs de damier rouge. Sur la lunette opposée, au-dessus de l’entrée de la chambre funéraire, se tient le Christ, à côté de lui le donateur Théodore, beaucoup plus petit ; il est peut-être aussi enterré dans cette chambre.
Dans l’abside, une Déisis est représentée : le Christ sur le trône du Jugement, flanqué de ses proches humains, la Vierge Marie et saint Jean Baptiste, priant pour que l’humanité soit jugée avec miséricorde. Ici, la particularité est que seul le visage du Christ est visible, son corps étant caché derrière une grande croix circulaire.
|
☞ Église suivante |















Add comment