Églises de Göreme 9. L’église de la Sandale

La huitième église de Göreme, dédiée à Sainte Catherine, est décorée de fresques iconographiques du XIe siècle, disposées presque comme un patchwork : le Christ Pantocrator, le Mandylion, les archanges et les saints soldats — dont Saint Georges à cheval — ainsi que la sainte éponyme, Sainte Catherine elle-même. Cependant, comme la chapelle d’Elmalı, cette église est fermée en permanence au public ; seules les trois croix sculptées dans des cercles au-dessus de la porte sont visibles.

Donc, tant que nous n’avons pas la possibilité de la voir en personne, passons à la neuvième : l’église de Çarıklı (de la Sandale).

 L’église de la Sandale doit son nom à deux empreintes de pas creusées dans le sol sous la fresque de l’Ascension du Christ. Selon la bibliographie spécialisée, elle était cependant à l’origine dédiée à la Sainte Croix. Elle possédait deux niveaux, dont seul le supérieur a été conservé dans son état d’origine. Il y avait également un vaste narthex, similaire à celui de l’église de Karanlık, décoré de croix de la soi-disant « période linéaire », mais celui-ci s’est également effondré : aujourd’hui, un escalier métallique mène à l’église du niveau supérieur.

Comme les autres églises « à quatre colonnes » — Elmalı, Karanlık et l’église de Çavuşin —, toute sa surface intérieure est couverte de fresques, probablement réalisées par le même atelier constantinopolitain qui a peint les trois autres, également au milieu du XIe siècle.

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L’iconographie des cycles de fresques de Göreme représente une transition entre les premiers cycles chrétiens —qui montraient les scènes de la vie du Christ en longues séquences chronologiques— et les cycles plus tardifs des églises, qui mettent en avant les douze grandes fêtes. Dans l’église de Çarıklı, douze scènes de la vie du Christ sont représentées —les autres églises à quatre colonnes en ont davantage, mais celle-ci est la plus petite, donc seules ces scènes ont pu y figurer—, cependant, comme dans les autres, quatre des grandes fêtes manquent encore : l’Annonciation, la Présentation au Temple, la Pentecôte et la Dormition de la Théotokos.

Dans la coupole, le buste du Pantocrator est entouré dans le tambour de cinq archanges et d’un Christ-Emmanuel plus petit, disposés dans six médaillons, avec les quatre évangélistes représentés sur les pendentifs.

Dans le sanctuaire, en haut, la Deisis est visible, c’est-à-dire le Pantocrator trônant, supplié pour un jugement miséricordieux par Marie et Jean Baptiste. En dessous, autour de l’arcade, six Pères de l’Église : au centre Jean Chrysostome, flanqué à droite et à gauche de Basile et Nicolas ; à gauche le Théologien Saint Grégoire et Saint Blaise ; à droite Saint Hypace.

Sur l’arc frontal de l’abside principale : la Résurrection de Lazare et le Portement de la Croix.

Dans les deux absides latérales : la Théotokos avec l’Enfant, et la demi-figure de l’archange Michel. Dans leurs lunettes frontales : l’hospitalité d’Abraham envers les trois anges —soulignant ici sa typologie eucharistique, comme dans San Vitale à Ravenne— et les Femmes au Tombeau. Dans ce dernier, le linceul enroulé est de nouveau représenté de manière raccourcie, comme dans l’église de Karanlık, ce qui indique que les deux chapelles ont été peintes par le même atelier.

En face, sur le côté ouest en haut : la Nativité de Jésus, dans l’arc l’Adoration des Mages et la Transfiguration.

Sous la Nativité, les donateurs de l’église sont représentés, qui, selon les inscriptions, appartenaient à la famille Melissenos. Ils étaient principalement des dirigeants militaires et des partisans de la famille impériale Phocas. De la famille Phocas venait l’empereur Nicéphore Phocas, qui est venu en Cappadoce au milieu du Xe siècle pour libérer la région frontalière des Arabes lors d’une campagne militaire. À cette occasion, il fit construire et peindre l’église Saint-Jean de Çavuşin, qui servit de modèle pour d’autres églises peintes. La fresque des donateurs porte les noms de Théognoste, Léon et Michel Melissenos. Entre eux se tient une figure plus grande avec auréole, tenant la Sainte Croix, inscrite « Timios Stavros ».

Sur le mur sud, un cavalier auréolé porte également la Sainte Croix, accompagnée de l’inscription « Timios Stavros ». La recherche suggère que l’inscription sur la Croix et non sur le porteur signifie que le porteur debout et le cavalier portant la Croix sont la même personne, qui apporta ici un fragment de la Sainte Croix sur commande des Melissenos.

À gauche de la scène de la Nativité et des donateurs, l’Ascension de Jésus s’étend depuis le mur sud. En entrant dans la chapelle, c’est cette fresque que l’on voit en premier (l’entrée étant au nord), et c’est celle qui est la plus richement détaillée.

Sous l’Ascension : la Vierge encadrée par deux archanges, avec sur les côtés l’empereur Constantin et sainte Hélène portant la Sainte Croix.

Sur le mur proche de l’abside : en haut la Descente aux Enfers, en dessous le cavalier porteur de Croix déjà mentionné.

Sur le mur nord autour de l’entrée : la Crucifixion, au-dessus dans l’arc l’Entrée à Jérusalem et la trahison de Judas.

Sur le mur proche de l’abside : le Baptême du Christ. On ne voit que les anges tenant les serviettes, car une fenêtre a été percée dans la lunette. En dessous : sainte Barbara et sainte Eudochia.

L’église est beaucoup plus petite que la chapelle Karanlık, donc le cycle contient moins de fresques. Les scènes de la vie de Jésus, déjà mises en avant dans la Karanlık, se réduisent ici à douze, bien que ce ne soient pas encore les douze scènes du calendrier festif des églises orthodoxes. Il est cependant clair que le même atelier les a réalisées dans le même style et avec les mêmes solutions iconographiques et compositives, mettant particulièrement l’accent sur la grande relique des donateurs, la scène de la Sainte Croix.

Église précédente

 

Église suivante

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